vendredi 26 février 2010

#5 La découverte du vendredi /// Mumford and Sons


Connaissez-vous... Mumford and Sons

Un très bon groupe de folk-rock anglais emmené par Marcus Mumford.

Un petit aspect Fleet Foxes, une guitare acoustique rapide, un banjo effréné, une grosse contre basse qui résonne et un clavier rythmant bien utilisé, le quatuor est original.

Et il est toujours bon de rappeler qu'on peut faire du bon folk-rock sans batterie, sans basse et sans guitare électrique!

Voici Little Lion Man, leur premier single :



Bon week end et à lundi!

jeudi 25 février 2010

#4 Les lyrics du jeudi /// The Divine Comedy


The Divine Comedy - A Lady Of A Certain Age (from Victory For The Cosmic Muse)

(Henri Cartier-Bresson, Brasserie Lipp, 1969)

Quand tu étais jeune, tu faisais partie de la haute société. Grâce à ta jeunesse et à ta noble ascendance, tu étais de tous les galas et tout le monde te convoitait. Tu t'es marié avec un homme riche, comme c'était d'usage, à qui tu a donné des enfants, un fils et une fille, et tu t'es dépêchée de les confier à ta bonne, pour ne pas rater cette vie mondaine qui te plaisait tant. Ce n'est pas que tu ne les aimais pas, non, mais tu n'avais pas vraiment le temps.

Puis tu as vieilli. Ton mari s'est fait plus absent, a commencé à voir ailleurs, une maitresse ici, une autre là; tes enfants, ils se sont rapidement retrouvés en pension, loin de toi, c'est comme ça qu'on faisait à l'époque. Déjà tu commençais à t'effacer, à repenser au passé, à cet âge d'or qui semblait disparaitre à chaque seconde qui passait.

Et tu as encore vieilli. Ton mari, mort d'une crise cardiaque, a laissé son héritage à l'une de ses maitresses. Tes enfants, que tu n'as finalement pas connu, sont vite parti faire leur vie de leur côté. Les soirées que tu appréciais tant ne semblaient plus te vouloir.

Tu te retrouve finalement seule, complètement seule, et si par un miracle un jeune homme t'invite à boire un verre, jamais il ne croira que tu as été toi-même jeune un jour, car cette partie là de toi s'est éteinte, partie avec le temps.


Back in the day you had been part of the smart set
You'd holidayed with kings, dined out with starlets
From London to New York, Cap Ferrat to Capri
In perfume by Chanel and clothes by Givenchy
You sipped camparis with David and Peter
At Noel's parties by Lake Geneva
Scaling the dizzy heights of high society
Armed only with a cheque-book and a family tree

You chased the sun around the Cote d'Azur
Until the light of youth became obscured
And left you on your own and in the shade
An English lady of a certain age
And if a nice young man would buy you a drink
You'd say with a conspiratorial wink
"You wouldn't think that I was seventy"
And he'd say,"no, you couldn't be!"

You had to marry someone very very rich
So that you might be kept in the style to which
You had all of your life been accustomed to
But that the socialists had taxed away from you
You gave him children, a girl and a boy
To keep your sanity a nanny was employed
And when the time came they were sent away
Well that was simply what you did in those days

You chased the sun around the Cote d'Azur
Until the light of youth became obscured
And left you on your own and in the shade
An English lady of a certain age
And if a nice young man would buy you a drink
You'd say with a conspiratorial wink
"You wouldn't think that I was sixty three"
And he'd say,"no, you couldn't be!"

Your son's in stocks and bonds and lives back in Surrey
Flies down once in a while and leaves in a hurry
Your daughter never finished her finishing school
Married a strange young man of whom you don't approve
Your husband's hollow heart gave out one Christmas Day
He left the villa to his mistress in Marseille
And so you come here to escape your little flat
Hoping someone will fill your glass and let you chat about how

You chased the sun around the Cote d'Azur
Until the light of youth became obscured
And left you all alone and in the shade
An English lady of a certain age
And if a nice young man would buy you a drink
You'd say with a conspiratorial wink
"You wouldn't think that I was fifty three"
And he'd say,"no, you couldn't be!"

mercredi 24 février 2010

#3 Le clip du mercredi /// Junior Senior


Junior Senior - Move Your Feet (from D-D-Don't Stop The Beat)


Quand on avait demandé à Jesper Mortensen, alias "Junior", combien il pensait vendre d'exemplaires de D-D-Don't Stop The Beat, il avait alors répondu trois à quatre cents. C'était sans compter sur le single Move Your Feet, qui obtient dès sa sortie un succès phénoménal, directement classé 3ème au charts anglais!

Move Your Feet, ce tube disco-rock 100% festif, et ce clip volontairement kitsch qui respire la bonne humeur. Rolling Stone, NME ont fait de D-D-Don't Stop The Beat leur meilleur album de 2003, et le "Sunday Chronicle" de San Francisco qualifia tout simplement Move Your Feet de "best song ever".

SI vous êtes passés à coté de ce tube magistral en 2003, voila l'occasion de le découvrir aujourd'hui!


mardi 23 février 2010

#2 Le concert du mardi /// Jose Gonzalez


Jose Gonzalez - Love Will Tear Us Apart
(Joy Division cover)

Reprendre du Joy Division, c'est comme toucher son nez avec sa langue, c'est normalement impossible. Et pourtant... Jose Gonzalez, connu pour cette magnifique chanson (qui était déjà une reprise de The Knifes d'ailleurs) le fait et d'une très belle façon.



Pour rappel, voici l'original.

lundi 22 février 2010

#1 La chanson du lundi /// Parenthetical Girls


Parenthetical Girls - Evelyn McHale (from Privilege, Pt 1 : On Death & Endearments EP)


1er mai 1947. Evelyn McHale saute du haut des 86 étages de l'Empire State Building. Robert Wiles, un photographe présent au moment de la scène et muni de son appareil photo appuie sur la gâchette. Il parvient à prendre une photo de la jeune femme - alors âgée de 23 ans - sereinement bercée par la vitre brisée du taxi sur lequel elle s'est écrasée. La photo, qu'il appelle "The most beautiful suicide" sera publiée dans le magazine Life.

Si vous voulez la voir, c'est ici.

Depuis, Parenthetical Girls a décidé d'en faire une chanson, une ballade surréaliste dans une nature calme où se promènent des animaux improbables. Une belle vision de la mort.

En plus, il y a un certain côté Arcade Fire serein qui plane sur cette chanson!


vendredi 19 février 2010

#5 La découverte du vendredi /// Alela Diane


Connaissez-vous... Alela Diane?


La voix est superbe, haute et résonnante.
La sobriété des accompagnements est souvent réduite à d'envoutants arpèges de guitare.
Les mélodies lancinantes restent gravées dans la mémoire, définitivement associées au contexte de leur première écoute.
L'ambiance respire le voyage, les rêve de découvertes et la recherche de l'inconnu.

Des ballades en somme, mais au sens propre.


Bon week end et à lundi!

jeudi 18 février 2010

#4 Les lyrics du jeudi /// Adam Green


Adam Green - Jessica (from Friends Of Mine)


Adam Green est cynique. Il est rancunier, il est drôle.
Lundi dernier, on vous parlait de son nouvel album, plus sérieux, avec la chanson Boss Inside.
Petit retour en arrière sur l'époque de l'album Friends Of Mine, le plus piquant, le plus drôle.
Focus sur Jessica, une chanson sympathiquement vexante et humiliante, dédiée à la célebrissime chanteuse et actrice de génie Jessica Simpson.

Explications d'Adam Green:

"Well, about a year and a half ago, I was reading a lot of magazines on tour - I don't know their names but they have glossy pictures of the pop stars who all sort of look the same. Why her? I don't know, maybe she just had the silliest picture in the magazine. It wasn't like I planned to write a song about one of the teen stars and picked her, it's just that I was looking at her picture and, later in the day, my friend was playing the piano and I started singing about her. Then I remember walking around New York, fleshing out the lyrics, and I came up with the chorus."


Jessica Simpson
Where has your love gone
It's not in your music, no.
You need a vacation
To wake up the cavemen
And take them to Mexico.

Jessica, Jessica Simpson
You've got it all wrong.
Your fraudulent smile
The way that you faked it
The day that you died.

My body's in shambles
Encrusted with brambles
That sharpen the air I breathe.
What's on the menu
Jessica can you
Take down my order please.

Jessica, Jessica Simpson
You've got it all wrong.
Your fraudulent smile
The way that you faked it
The day that you died.

Tomorrow get's closer
A purple bulldozer
Is calling you on the phone.
Your love life precedes you
Your son-in-law feeds you
Injections of cortisone.

Jessica, Jessica Simpson
You've got it all wrong.
Your fraudulent smile
The way that you faked it
The day that you died.

Jessica Simpson
Where has your love gone
It's not in your music,
So where has it gone?

Then, Jessica...


mercredi 17 février 2010

#3 Le clip du mercredi /// Granddady


Grandaddy - Jed's Other Poem (Beautiful Ground) (from The Sophtware Slump)



Le poème retrouvé d'un robot délaissé par ses créateurs. Doté d'un intelligence artificielle, ce robot qui fut à sa création la joie et la fierté de ses assembleurs se retrouve peu à peu esseulé. Le temps passant, de nouvelles inventions viennent le supplanter, et celui-ci, prenant exemple sur ses modèles humains, tombe en dépression, se met à boire et finit par s'électrocuter.

L'histoire de ce triste robot est raconté dans la chanson Jed The Humanoid, du même album, et celle-ci se concentre sur le poème retrouvé après sa mort. Cette histoire a inspiré un fan, qui a crée lui-même une vidéo pour le clip. Sur cette vidéo, le robot se sert de ce auquel il se se finalement le plus proche pour exprimer son chagrin, à savoir un simple ordinateur, vieillit et dépassé, laissé là dans un coin de la chambre.


Sur la chanson, pas grand chose à dire, elle fait partie des toutes meilleurs du groupe, et l'album entier est indispensable.

mardi 16 février 2010

#2 Le concert du mardi /// Iron And Wine


Iron And Wine - Flightless Bird, American Mouth (Live)


Certaines chansons sont si évidentes qu'il n'y a pas besoin d'argumenter. Samuel Bean, le barbu d'Iron And Wine, se produit en solo pour la promotion de son dernier album The Shepherd's Dog. Une version minimaliste d'une chanson déjà folk à la base.


lundi 15 février 2010

#1 La chanson du lundi /// Can


Can - Vitamin C (from Ege Bamyasi)


Can est un groupe plutôt atypique. Imaginez, des musiciens allemands, un chanteur japonais, faisant de la musique psychédélique expérimentale avec penchant pour la world music, ça ne se rencontre pas tous les jours.

Pionnier du mouvement krautrock avec Kraftwerk, Can est pourtant l'un des groupes qui a le plus influencé ses artistes contemporains et postérieurs (David Bowie, Joy Division, Talking Heads, Brian Eno, The Flaming Lips et Radiohead pour n'en citer que quelques uns). Kanye West y est même allé du sien en samplant Sing Swan Song sur Drunk & Hot Girls.

Bref, tout ça pour dire que Can est un groupe indispensable pour tout amateur de musique. Et si toutes ces influences ne vous ont pas convaincu, alors écoutez-ça!


vendredi 12 février 2010

#5 La découverte du vendredi /// Blind Pilot


Connaissez-vous... Blind Pilot ?


Un peu de folk mélancolique le vendredi, c'est toujours un plus.
Et pour rester cohérent avec l'article d'hier, voici une découverte qui s'inscrit dans un même univers, avec une voix très proche de celle de Bright Eyes.

Le groupe vient de Portland et leur pochette est magnifique, que dire de plus!


Bon week end et à lundi!

jeudi 11 février 2010

#4 Les lyrics du jeudi /// Bright Eyes


Bright Eyes - Lua (from I'm Wide Awake It's Morning)

"What is simple in the moonlight by the morning never is"


Rappelez-vous...
Ces soirées parfaitement étranges pendant lesquelles nos comportements sont complètement transformés par la nuit ambiante qui nous enveloppe. Lorsque tout est possible et acceptable, parce que le noir de la nuit nous empêche de penser que le soleil se lèvera à nouveau un jour.

Supplies are endless in the evening
By the morning they'll be gone

Pensez...
A toutes les conneries que vous avez pu faire pendant ces instants voilés, brumeux.
Pensez aux rencontres, à votre état d'esprit, à ces choses que vous ne pensiez jamais faire mais qui sont arrivées, parce que la nuit vous êtes totalement différent, parce que la nuit tout est plus beau, tout est plus clair, tout est plus simple.

The mask I polish in the evening
By the morning looks like shit

C'est exactement le sujet de cette chanson. L'histoire d'une nuit. Une rencontre, une attitude, une possibilité nouvelle mais sans perspective aucune.
Vite! il faut profiter avant que tout ne s'arrête dans quelques heures! L'alcool, la folie, la débauche, les dérapages, tout va s'effacer dans la lumière du jour qui se lève.

And if you promise to stay conscious
I will try and do the same
Yeah, we might die from medication
But we sure killed all the pain
But what was normal in the evening
By the morning seems insane

Mais tout ne s'efface pas. Les souvenirs restent. Les problèmes aussi, jusqu'à devenir parfois encore plus compliqués.

Because what is simple in the moonlight
By the morning never is

Well, I know that it is freezing
But I think we'll have to walk
Keep waving at the taxis
They keep turning their lights off
But Julie knows a party
At some actor's West Side loft
Supplies are endless in the evening
By the morning they'll be gone

When everything is lonely
I can be my own best friend
Get a coffee and the paper
Have my own conversations
With the sidewalk and the pigeons
And my window reflection
The mask I polish in the evening
By the morning looks like shit

And I know you have a heavy heart
I can feel it when we kiss
And many men stronger than me
Have thrown their backs out trying to lift it
But me, I'm not a gamble
You can count on me to split
The love I sell you in the evening
By the morning won't exist

You're looking skinny like a model
With your eyes all painted black
Keep going to the bathroom
Always say you'll be right back
Well, it takes one to know one, kid
I think you've got it bad
But what's so easy in the evening
By the morning's such a drag

I've got a flask inside my pocket
We can share it on the train
And if you promise to stay conscious
I will try and do the same
Yeah, we might die from medication
But we sure killed all the pain
But what was normal in the evening
By the morning seems insane

And I'm not sure what the trouble was
That started all of this
The reasons all have run away
But the feeling never did
It's not something I would recommend
But it is one way to live
Because what is simple in the moonlight
By the morning never is

Yeah, it was simple in the moonlight
Now it's so complicated
It was so simple in the moonlight
So simple in the moonlight
So simple in the moonlight

mercredi 10 février 2010

#3 Le clip du mercredi /// Here We Go Magic


Here We Go Magic - Fangela (from Here We Go Magic)

"Fangela, look at me, all is yours till the morning comes"


On avait déjà remarqué avec M.I.A. qu'il suffisait d'une seule bonne idée bien placée pour faire une grande chanson. Ici, c'est encore le cas avec Fangela. Ce petit son trouvé dans le refrain va rendre jaloux beaucoup de groupes. Mais détrompez-vous, car même sans ça, Fangela est une chanson magique, qui semble sortie d'un autre temps, et dotée d'un final épique.

La chanson parle d'une petite vampire qui a peur du monde qui l'entoure. Et le clip correspond parfaitement avec l'univers.

Comment un morceau comme-ça a-t-il pu passer complètement inaperçu l'année dernière?


mardi 9 février 2010

#2 Le concert du mardi /// (The) Nits


(The) Nits - Cars & Cars @ Dutch TV Program (19 Septembre 1993)

"In the mirrors of this house, I've seen your face a thousand times or more"


Alors oui ils sont néerlandais, ils sont pas très beaux et pas tout jeune, et ils n'ont semble-t-il pas compris que les années 80 étaient finies. Ca donne envie non? Coupez-le son et regardez la vidéo pour voir... (et admirez également ce magnifique effet de caméra dès les premières secondes)

Maintenant, remettez le son. Alors, ça change tout? Oui, parce que cette Cars & Cars est une chanson vraiment excellente, avec ses petites notes de piano et ses percutions bien placées. En plus le texte est très bon.

La morale? Le talent, ça rend classe.

lundi 8 février 2010

#1 La chanson du lundi /// Adam Green


Adam Green - Boss Inside (from Minor Love)


Adam Green a grandi. L'enfant de l'anti-folk romantico-absurde des Moldy Peaches a mûri et ressemble maintenant davantage à Leonard Cohen qu'au sale gosse blasé et désabusé qui se moque de tout et particulièrement de la pseudo actrice-chanteuse Jessica Simpson (très bonne chanson d'ailleurs).

Il a 28 ans. Bientôt la trentaine donc, à son actif déjà un divorce, de longues années de déprime, beaucoup d'alcool, de drogue et de coupes de cheveux ratées.

Mais est-ce que l'on doit grandir parce que l'on va avoir 30 ans ? il faut croire que oui quelque part...



vendredi 5 février 2010

#5 La découverte du vendredi /// Real Estate


Connaissez-vous... Real Estate?


Après un sujet qui a mis plusieurs personnes en dépression hier, d'après les retours que l'on a eu (et je prends en compte les collègues de travail qui auraient été jusqu'à verser une petite larme de réminiscence...), voici aujourd'hui une découverte genre "avec Carrefour je positive!"

Real Estate, c'est ce retour du groupe indé-psyché-plage qui fait de la bonne surf pop music à mélodies insouciantes et ensoleillées, qui respire la jeunesse enthousiaste et qui parle de ce genre d'après-midi d'été où tout est parfait; où la lumière est bonne, la température estivale et la tête pleine de choses absolument superflues au moins pendant les prochaines 24 heures.

Real Estate, c'est aussi ce côté old school banana split des années 60, tout droit sorti d'un vieux poste de radio des plages vintage.

Pour info, ils seront en concert à la Flèche d'Or le 13 février prochain.
Bon week-end et à Lundi!


jeudi 4 février 2010

#4 Les lyrics du jeudi /// The Mountain Goats


The Mountain Goats - No Children (from Tallahassee)

"You are coming down with me, hand in unlovable hand"


No Children. Un des plus beaux textes que j'ai pu lire sur le thème de la rupture.
No Children. Pas de succession, pas de suite. Pas d'enfant, plus d'amour, rien qui ne puisse encore réunir deux personnes qui se sont aimées.
Mais en aucun cas l'indifférence vient ici teinter les mots de John Darnielle. Bien au contraire, le texte est violent, sombre, pessimiste, et montre que la haine et l'aigreur sont bien plus facile à digérer que la perte de l'amour.

I hope I lie
And tell everyone you were a good wife
And I hope you die
I hope we both die

La violence est dirigée vers la personne perdue mais aussi et surtout envers soi même. L'envie de sacraliser la douleur, ne voyant du bonheur que dans l'acceptation de cette souffrance. Le danger, c'est de ne plus réussir à se séparer de cette douleur, par peur de recommencer à sentir les choses et par là même de nouvelles douleurs inconnues.

I hope I cut myself shaving tomorrow
I hope it bleeds all day long

I hope it stays dark forever
I hope the worst isn't over

Finalement, au delà de toute cette violence, il en ressort une des plus belles déclaration d'amour qui soit, dans le sens le plus tragique du terme. Il sera toujours là pour elle. Car s'il n'y a que l'amour inachevé qui soit romantique, il n'y a que l'amour même dans la mort qui soit total.

And I hope you die
I hope we both die


Texte complet

I hope that our few remaining friends
Give up on trying to save us
I hope we come out with a fail-safe plot
To piss off the dumb few that forgave us

I hope the fences we mended
Fall down beneath their own weight
And I hope we hang on past the last exit
I hope it's already too late

And I hope the junkyard a few blocks from here
Someday burns down
And I hope the rising black smoke carries me far away
And I never come back to this town again in my life

I hope I lie
And tell everyone you were a good wife
And I hope you die
I hope we both die

I hope I cut myself shaving tomorrow
I hope it bleeds all day long
Our friends say it's darkest before the sun rises
We're pretty sure they're all wrong

I hope it stays dark forever
I hope the worst isn't over
And I hope you blink before I do
And I hope I never get sober

And I hope when you think of me years down the line
You can't find one good thing to say
And I'd hope that if I found the strength to walk out
You'd stay the hell out of my way

I am drowning
There is no sign of land
You are coming down with me
Hand in unlovable hand

And I hope you die
I hope we both die

mercredi 3 février 2010

#3 Le clip du mercredi /// The Flaming Lips


The Flaming Lips - I Can Be A Frog (from Embryonic)

"It seems she can be anything she wants to be"


Le jour où j'ai appris qu'I Can Be A Frog était le premier single d'Embryonic, j'ai été plutôt étonné. Je trouvais pas la chanson mauvaise, non, c'était pas ça. En fait, quand j'écoutais l'album, je ne la remarquais même pas. 2mn17, un style assez monotone, je la laissais passer sans vraiment y prêter attention.

Et puis un jour j'ai vu le clip, et ça a été une véritable révolution. J'y ai retrouvé tout ce que j'aimais dans l'univers des Flaming Lips, cette naïveté recherchée, ce choix de croire à l'impossible. L'ode à l'univers fantaisiste de l'enfance où tout est possible, propre au mouvement psychédélique, était encore mis en avant.

Mais si l'objectif d'Animal Collective est de revivre cette enfance perdue et son univers grâce à l'utilisation de psychotropes, dans I Can Be A Frog la fonction est tout autre. Ici, la nostalgie de l'enfance n'existe pas puisque les Flaming Lips se réapproprient son univers pour le compte des adultes.

Le but apparent est de démontrer ici que cet univers n'est pas propre à l'enfance. C'est une femme qui danse, pas un enfant. C'est elle qui dit qu'elle peut devenir tout ce qu'elle veut. Tout est possible, pour un peu qu'on y croit. Cet univers, représenté par ces dessins jaunes, existe bel et bien, aussi bien quand il est en symbiose avec la femme qu'indépendamment une fois qu'elle est partie (les dernières secondes du clip ressemblent à du Totoro pour adulte).

Si tant d'adultes croient que la réalité du monde est en inadéquation avec une approche onirique de la vie, c'est qu'ils font preuve de faiblesse, de résignation et de fatalisme. Tout est une question de volonté. Au final, passer par le monde de l'enfance où tout semble possible pour montrer que tout l'est encore dans la vie adulte renforce énormément le propos. C'est beaucoup plus efficace et émouvant que d'entendre simplement quelqu'un dire "Tu sais, tout est possible".

Les Flaming Lips, qui sont des habitués de l'humour noir et qui aiment généralement cacher des soupçons de noirceur et de pessimisme sous des couches de bonne humeur semblent livrer ici un message vraiment optimiste. A tel point qu'on peut se demander si ce n'est pas tout simplement une belle marque de cynisme. Je pense que non. Car si l'ombre de la mort est omniprésente dans les textes des Flaming Lips, c'est justement pour mettre en avant la nécessité de réaliser sans plus attendre ses rêves et ses projets.